Patrick Schindler à Toulon : on causera service militaire à Contrebandes vendredi 2 juin avec l’auteur de Contingent rebelle, récit d’un réfractaire dans les années 1970 (L’Échappée). Le lendemain, il racontera au Local le Front Homosexuel d’Action Révolutionnaire (FHAR).

Lors de sa campagne électorale, le nouveau président a évoqué l’instauration d’une mini-conscription. Celui que certains ont déjà surnommé Manu Militari précise sa pensée : « Ce service national universel, encadré par les armées et la gendarmerie nationale, s’adressera aux jeunes femmes et hommes aptes de toute une classe d’âge, soit environ 600 000 jeunes par an ». Il semble donc judicieux de revenir sur une institution que les nouvelles générations méconnaissent mais dont les aînés se souviennent, et pas toujours avec nostalgie.

« À bas l’armée et toute autorité ! » Le service militaire a une longue histoire. Depuis la Révolution française, il a été l’objet de bien des polémiques. Des bataillons de conscrits soumis s’y sont rendus en traînant des pieds. Les sketches qui lui ont été consacrés ne faisaient rire que ceux qui avaient eu la malchance de le connaître. Les jeunes générations ont souvent du mal à imaginer que ça a pu exister – jusqu’au début des années 2000 ! –, et ce qu’on y faisait vraiment. Perte de temps, apprentissage de l’autorité, de la violence et de la magouille. Seul point positif : savoir faire son lit « au carré ».
Dans la foulée de Mai 68, un petit groupe de militants décide qu’il est temps de changer les choses. En 1974, il diffuse l’Appel des Cent qui remet en cause l’immuable institution. Il exige l’instauration de syndicats de soldats et de la liberté de la presse à l’armée. C’est une traînée de poudre. En quelques mois, l’appel recueille plus de 6000 signataires. Manifestations en uniforme sur tout le territoire, grèves de la faim, résistances quotidiennes… Face à la révolte généralisée, le gouvernement prend enfin conscience du refus de la jeunesse de se laisser embrigader.
Ce livre raconte cette histoire, quasiment oubliée aujourd’hui, et nous plonge au cœur de ce qu’était le service militaire à travers l’aventure singulière et haute en couleur d’un des signataires qui y a fait les 400 coups avec la ferme intention de « mettre les casernes à feu et à sang » !

Patrick Schindler adhère dès l’âge de 16 ans à la Fédération anarchiste puis participe au FHAR (Front homosexuel d’action révolutionnaire), à Libération et à Gai Pied. Documentaliste et journaliste, il est aussi l’auteur de Jean Genet. Traces d’ombre et de lumières (éditions libertaires, 2016).

 

  • À Contrebandes vendredi 2 juin à 18h : présentation de Contingent rebelle, discussion sur le service militaire.
  • Au Local (6 rue Corneille à Toulon) samedi 3 juin à 18h : histoire du FHAR, débat.